- Traduction en cours - 

source : https://www.instituteofcaninebiology.org/blog/lets-kill-the-breeder-myths

Par Carol Beuchat PhD
La génétique peut être compliquée. Plus vous en saurez sur ce qui se passe sous le capot, plus vous serez en mesure de prendre de bonnes décisions la prochaine fois que vous planifiez une portée.

Cela semblerait évident, mais en fait, il existe de nombreuses idées issues de vieille "croyance" qui circulent et qui sont, eh bien ... pas vraies. Pourtant, comme une mouche dans la cuisine, il semble que malgré des attaques répetées face à ces contrevérités, aucune n'en vienne à bout.


Éleveurs ! Libérez-vous de ces mythes ! Embrassez la vérité et la science ! Lisez ce qui suit !


Mythes courants chez les éleveurs


Vous avez probablement déjà entendu tout cela. Vous en avez probablement même répété certains. Nous allons examiner chacun d'eux.

mythe de l elevage 1b

Faire reproduire seulement le meilleur avec la meilleure.

Ne faites pas faites pas reproduire les chiens sans bon points. Mais, tout comme à l’école, sachez que juste qu'un individu «au-dessus de la moyenne» peut avoir beaucoup d'interet. En fait, si les parents d'une portée sont des chiens de qualité, la progéniture a alors hérité de gènes de qualité, mais peut-être pas toujours dans la meilleure combinaison. Ne jetez pas ces gènes précieux - mélangés un peu différemment, ils pourraient produire le prochain animal supérieur. Rappelez-vous: l'amélioration par la sélection nécessite une variation génétique. Gardez une bonne variété d'ingrédients dans le garde-manger pour que la génétique puisse y piocher!

La sélection nécessite une variation génétique.

mythe de l elevage 2b

La consanguinité est nécessaire pour fixer la race.

Les gènes du type de race doivent être fixés dans les premières générations après la formation de la race. Une fois que la race a les qualités qui la définissent, la consanguinité supplémentaire augmente simplement l'homozygotie dans les autres gènes du "chien", pour des choses comme les ongles des doigts ou les reins et le métabolisme du glucose ou encore la salive. S'il existe des mutations parmi les milliers de gènes chez le chien (et bien sûr, il y en a!), Alors la consanguinité produira par inadvertance des mutations par paires (homozygotes) de certains gènes. Pour ceux-ci, tout ce que le gène normal est supposé faire sera brisé.

Les autres animaux domestiques ont des races clairement reconnaissables avec des niveaux de consanguinité bien inférieurs à ceux des chiens. La plupart des races de chiens de race pure ont une consanguinité moyenne supérieure à 12% et environ la moitié des races ont plus de 25%. Chez les chevaux, la plupart des races ne dépassent pas 12%.

La consanguinité peut casser des choses. Fais-en bon usage.

mythe de l elevage 3b

https://www.instituteofcaninebiology.org/blog/comparing-inbreeding-of-dogs-and-horses

https://youtu.be/730YllG4K58

 

Fermer le livre généalogique pour protéger la race.

Si le livre généalogique est fermé, des gènes disparaissent de la réserve génétique par sélection et par "dérive génétique" (hasard). Si vous démarrez une race le patrimoine génétique des fondateurs, vous perdez, à chaque génération, des gènes  qui ne peuvent pas être remplacés et la réserve de gènes finira par s'épuiser. Vous pouvez facilement tester cela avec un bol de M&M's sur la table basse. Attrapez-en quelques-uns quand vous avez besoin de chocolat, mais n'en mettez pas. Finalement, le bol sera vide.

La règle de base ici: les animaux dans des groupes génétiques fermés s'éteignent.

Vraiment? Est-ce toujours vrai ???

En fait non. Il existe en Angleterre un troupeau de bovins très célèbre, le bétail Chillingham, qui a survécu pendant des siècles sous la forme d'un pool génétique fermé. Ils sont l'exception iconique.

Mais chaque autre population fermée a disparu, et la vôtre aussi. Tu peux compter dessus.
Les animaux dans des pools de gènes fermés s'éteignent.

mythe de l elevage 6b 

Je sais ce qu'il y a dans ma lignée

Vous connaissez probablement les allèles dominants. Ils masquent l'expression des allèles récessifs. Vous ne pouvez pas savoir quels allèles récessifs se cachent dans votre pool de gènes tant que l'expression est masquée par un allèle dominant. Vous pouvez démasquer les récessifs en utilisant la consanguinité, car comme nous l'avons vu plus haut, la consanguinité casse les choses. Vous pouvez également éviter la consanguinité, ne pas vous soucier des allèles récessifs et laisser le chien fonctionner comme une machine bien huilée.

Vous ne pouvez pas savoir ce qu'il y a dans votre lignée.

 mythe de l elevage 4b 

Le croisement introduit de nouvelles maladies

Le croisement n'introduit pas de nouvelles maladies. Il introduit de nouveaux allèles, dont certains seront probablement des mutations récessives. Mais les mutations simples ne produisent généralement pas de maladie. En fait, comme indiqué ci-dessus, la plupart des mutations récessives sont masquées par des allèles dominants fonctionnant normalement et ne produisent donc aucun effet néfaste. Éliminez ce problème en suivant une règle simple de gestion génétique: conservez les mutations récessives rares. 

Et rappelez-vous comme évoqué plus haut : la consanguinité casse les choses

 

Gardez les mutations récessives rares.

mythe de l elevage 7b

La vigueur hybride ne s'applique pas aux chiens.

La vigueur Hybird consiste à «annuler» la consanguinité en accouplant deux animaux relativement non apparentés. La consanguinité s'applique aux chiens. La vigueur hybride s'applique donc aux chiens.

Non, la vigueur hybride ne nécessite pas d'espèces différentes. En fait, la plupart des hybrides interspécifiques sont stériles et pas extrêmement vigoureux.

Rine ne vous fera paraitre plus stupide que d'affirmer que la vigueur hybride ne s'applique pas aux chiens.

Faites vous plaisir. Documentez-vous sur ce mythe. Ainsi vous n'oublierez jamais.


Oui, la vigueur hybride s'applique aussi aux chiens!


mythe de l elevage 5b


Tuons les mythes des éleveurs, une fois pour toutes !

 

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Traduction : Merci Mon Chien

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L’éducation positive (qui s’appuie sur le renforcement positif des comportements souhaités) est, à n’en pas douter, la seule voie qui mérite aujourd’hui d’être suivie. Il ne viendrait plus à l’idée de personne d’accepter la violence comme solution éducative (c’est notre côté bisounours …). Aussi, si nous tenons, en préambule, à rappeler notre attachement à la bienveillance, à la bientraitance, au respect de la culture canine c’est pour que nos propos ne soient pas détournés de leur objectif.

Bienveillance = Positif ?

Désormais de plus en plus d’éducateurs canins affichent leur préférence pour l’éducation positive, et nous sommes les premiers à nous en féliciter. Oui mais..., car nous y voyons un “mais”, de plus en plus d’entre-eux (elles) se focalisent uniquement sur leur capacité à modeler des comportements par le conditionnement, plaçant ainsi l’humain, seul intervenant, au centre de tout le processus. Leur intérêt se porte ainsi non pas sur les réelles facultés cognitives du chien mais sur sa capacité à se plier à des exercices imaginés par des humains (souvent pour se faire plaisir). Mais cela ne nous enseigne rien sur la culture canine et en éloigne des individus canins toujours plus focalisés sur les 1000 et 1 tours que leur humains les amènent à exécuter, passant du cerceau aux cônes, des cônes aux cousins de proprioception, des coussins à la balancoire... Mais en ont ils besoin ? >①
 

Il s’agit là d’un biais très commun qui remonte à Skinner et à l’école behavouriste (comportementaliste) qui refusait de prêter aux animaux des capacités d’apprentissage en dehors de réponses conditionnées, des émotions et des envies. Il est aujourd’hui totalement incompréhensible de s’attacher à cette seule vision au regard des avancées de la cognition évolutionniste qui s’attache à démontrer les facultés cognitives des animaux en lien avec leur biologie et leur nature. Il est aujourd’hui admis que des apprentissages et acquisition de compétences (sociales notamment) peuvent se faire en dehors du cadre Skinnerien du renforcement et de la punition. Même si les apports de Skinner et de l’Ecole behaviouriste ne sont pas négligeables ils avaient le tort de résumer les êtres vivants non-humains à un automate ne fonctionnant que par réponse à des stimulii en cherchant à affirmer la supériorité humaine sur le reste du règne animal. C’est dans cette volonté de contrôle (dont parle très bien Frans De Waal dans “Sommes-nous trop “bêtes” pour comprendre les animaux” ) que s’ancre aujourd’hui une nouvelle forme de dominance que j’évoquerai plus bas.

Ne peut on pas imaginer, que caninement parlant, cette place centrale revienne plutôt au chien. En effet qui sur cette planète serait le plus à même de comprendre un chien qu’un autre chien, d’appréhender sans jugement ni considération morale ou légale un comportement inapproprié et d’y apporter une réponse. Cela ne correspondrait-il pas de manière évidente à la réalité canine ? Les chiens sans humains développent-ils les mêmes troubles, les mêmes problèmes que nos chiens ? Redonner une place aux chiens, et reconnaître leurs facultés, leur aptitudes cognitives, leur permettre d’évoluer dans leur monde, un monde fait d’interactions multiples, variées, ritualisées, de décisions, de choix, de liberté, n’est ce pas cela la véritable bienveillance ?

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Vers une nouvelle Dominance R+ (ou le poids de Skinner) ?

Les interactions, parlons-en : nous observons de plus en plus qu’une nouvelle forme de dominance, sournoise, insidieuse, prend le pas sur la dominance de nos “amis tradis”. Cette dominance prend les traits plus vendeurs du contrôle «en positif». Mais le contrôle c’est le contrôle, c’est à dire la privation de liberté de choix et plus étrange encore l’obligation, même pour les chiens entre-eux de n’utiliser que du R+ (renforcement positif), comme si par extension de nos considérations morales humaines, nos chiens devaient faire évoluer leur fonctionnement social, leur culture millénaire pour calquer leur fonctionnement sur les impératifs du positif (humain). On assiste là à une dérive inquiétante à nos yeux car elle ne recouvre aucune réalité éthologique, et conduit inexorablement les chiens vers un isolement social en bannissant, notamment, les interactions ritualisées mettant en œuvre les conduites “agressives”, contrebalancées par les autocontrôles. C’est de ce courant qu’émerge un « mouvement » d’attaque systématique et de rejet des éducateurs qui, comme nous, travaillent avec leurs chiens. Il existe certes des « pros » qui, sous l’appellation de “chiens régulateurs”, font n’importe quoi et encouragent leurs chiens (pas toujours très stables ou équilibrés) vers une systématisation de l’agression et de la “remise en place” ou du “recadrage”, mais il existe aussi des personnes sérieuses et bienveillantes qui font simplement confiance à leurs chiens et à leur finesse d’analyse des comportements. Leur supériorité dans ce domaine est pour nous une évidence, d’autant que nous avons affaire à une espèce très “émotionnelle” et éminemment empathique. Vouloir leur imposer notre conception d’une éducation “positive” relève purement et simplement de la dominance (stricto sensu), c’est à dire de la certitude de notre supériorité absolue sur le chien et de notre capacité à leur imposer tout, partout, à chaque instant en rejetant en bloc leurs codes sociaux.
 
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Nier sa culture c’est nier l’Être lui même.

Pourquoi tant de professionnels, pourtant convaincus de leur “bienveillance”, en arrivent-ils à oublier qu’en face d’eux il y a un être vivant dont la vision du monde est différente de la nôtre et pour lequel des comportements que nous pouvons percevoir comme “violents” ou “traumatisants”ne sont en fait qu’une partie intégrante de sa culture.① ? Nier sa culture c’est nier l’Être lui même. Il n’y a rien de plus triste qu’un chien indifférent à ses congénères, capable de renoncer sur commande à une rencontre dans la nature, qu’un chien qui ne détourne même plus le regard lors d’un croisement de congénère, qu’un chien dont le seul mode d’interaction est l’ignorance ou le jeu, qu’un chien qui fonce aveuglement sur tous ses congénères sans jamais analyser la situation... Leur palette est tellement plus large, tellement plus subtile et tant de choses nous échappent (sans même évoquer les signaux olfactifs) qu’il nous apparaît prétentieux de vouloir à ce point régenter la vie de nos compagnons et affirmer que l’humain peut tout lui enseigner. On peut imaginer que ce qui guide cette conception du chien c’est avant tout l’ignorance, la méconnaissance des comportements sociaux de nos canidés et peut être aussi et surtout la peur (la peur de la perte de contrôle ?). Peut-être y a-t-il aussi derrière ces attitudes un positionnement purement commercial (et peut-être inconscient), parce que vendre des séances de dressage sous couvert de rééducation comportementale est bien plus lucratif que de proposer du lâcher prise, du silence et des interactions sociales supervisées pour amener les chiens vers l’équilibre et la « reconnexion à leur espèce ».

N’en déplaise aux donneu-r-se-s de leçons, c'est un oubli majeur : l’éthologie est une science balbutiante, et encore plus s’agissant du chien très longtemps méprisé par cette science en raison de sa proximité et de sa manipulation par l’humain. Affirmer aujourd’hui sous la seule justification du “j’en ai jamais vu” que quelque chose n’existe pas n’a pas plus de valeur que celle qu’on accorde à la personne qui l’affirme. C’est un argument un peu léger face à ceux qui observent quotidiennement les facultés de leurs compagnons, face aussi aux avancées des connaissances en matière de cognition animale, sur l’empathie et la continuité évolutive de intelligence animale (humains compris). Il n’existe aucune raison valable de ne pas imaginer des analogies dans le traitement des conflits, la perceptions des difficultés des autres, ... notre intelligence humaine, aussi avancée soit-elle n’est qu’un prolongement évolutif de l’intelligence animale dont elle découle. La structure cérébrale des chiens étant analogue à la nôtre on peut sans risque imaginer des analogies s’agissant des réactions émotionnelles, empathiques, voire sentimentales. Attendons donc que la science intéresse à la question plutôt que de cracher sur son prochain qui est peut-être plus clairvoyant ou pour le moins plus optimiste.
 

La régulation en éthologie :

En éthologie, la régulation correspond au processus par lequel une perturbation, et plus particulièrement un changement imposé à l'état d'une société, déclenche des conduites compensatoires tendant à en contrebalancer les effets.
L'étude des sociétés animales et notamment des sociétés d'insectes a analysé de nombreuses régulations sociales:

  • proportion des diverses castes,

  • nombre des reproducteurs,

  • ajustement de l'importance de la descendance aux disponibilités alimentaires.

Le rétablissement d'une situation conforme aux normes de l'espèce considérée n'implique pas la représentation de cette norme, mais résulte d'un ensemble de rétroactions immédiates selon lesquelles une situation anormale déclenche de manière immédiate une conduite qui a des conséquences régulatrices.
La nature de l'anomalie peut entraîner des formes différentes de rétroaction. [...]. L'état d'équilibre, dans des conditions d'environnement définies, représente la résultante des diverses formes de rétroaction susceptibles d'intervenir.

(https://carnets2psycho.net/dico/sens-de-regulation.html?fbclid=IwAR3Pjn6lYSROg4UDvNKBHvHo3z7jwBxXJ-fBgldxuORv5LbGzWChuxdue_4)

 

“Le problème fondamental de tous ces dénis c’est qu’il est impossible de prouver une inexistence. Ce n’est pas une question mineure. Quand quelqu’un déclare qu’une capacité donnée est absente dans une autre espèce et avance qu’elle est donc nécessairement apparue récemment dans notre lignée [les Humains] nous n’avons pas besoin d’examiner les preuves pour mesurer la fragilité de cet assertion. Dans tous les cas, la seule chose que nous puissions conclure avec quelque certitude c’est que nous n’avons pas réussi à trouver telle ou telle aptitude chez une espèce que nous avons étudiée [encore moins si nous ne l’avons pas étudiée]. Nous ne pouvons pas aller beaucoup plus loin et surement pas transformer cette conclusion en affirmation d’une absence. Pourtant les scientifiques font cela tout le temps, chaque fois qu’une comparaison homme animal est en jeu. L’ardeur à trouver ce qui nous distingue l’emporte sur toute prudence raisonnable.”

Frans De WAAL

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Cette guerre d’ego n’est, d'ailleurs, pas sans rappeler celle qui animait, il y a quelques années à peine, ce même microcosme sur une autre question, celle de l’impact des jeux d’excitation sur nos chiens et nos chiots. Il est aujourd’hui communément admis que certaines activités peuvent présenter des risques sur le plan de la santé et du comportement, risques allant jusqu’à la création de comportement addictifs.
 

Vous n’avez jamais vu de régulateur ?

 

Prétendre que le chien régulateur n’existe pas est selon nous une erreur criante : c’est ignorer la définition même de la régulation à savoir :

« L’ensemble des comportements visant à moduler ou stopper des comportements inadaptés de congénères, afin de les amener à adopter des réactions sociales plus adaptées à leur propre espèce en particulier »

« Il s'agit donc d'un chien à qui nous demandons [ou plutôt qui de lui même choisit ce “rôle”] d’avoir un rôle d'éducateur vis-à-vis de certains de ses congénères (chiots et/ou chiens adultes). Cette notion d'éducation, sous certaines formes, entre un chien adulte et des chiots a déjà été évoquée par exemple par J. Dehasse. Les chiots apprennent vraisemblablement les codes canins (Miklosi, Viera) grâce à des interactions entre eux mais aussi avec un ou des chiens adultes (Miklosi et Fox ). En effet, en fonction de son degré de socialité, il a été prouvé que les différentes espèces de canidés montrent des interactions sociales plus ou moins intenses qui jouent un rôle dans le développement même et l'apprentissage de cette socialité (Biben). L'apprentissage social est un processus important pour les espèces (Thorton, Clutton-Brock) pour des comportements tels que la recherche de nourriture, la peur des prédateurs, les préférences alimentaires pour nombres de mammifères. Pourquoi cet apprentissage social ne serait-il pas effectif pour l'apprentissage de la communication et les bonnes conduites sociales chez le chien ? Le chien étant une espèce sociale, nous pouvons supposer que le fait de mettre un chien régulateur en contact avec des chiots de toutes provenances, et ayant différents modes de vie, pourrait pallier le manque plus ou moins important d'interactions sociales nécessaires à une socialisation de qualité de ces chiots. »
 

Il ressort de ce mémoire que si vous n’avez jamais vu de régulateur c’est que vous n’avez jamais vu de chiennes avec leurs chiots, ni même de chiens interagissant librement. La régulation étant ce qui se met en œuvre dans toute interaction sociale agonistique (En éthologie, un comportement agonistique (grec ancien ἀγωνιστικός, agônistikos, « de compétition » désigne l'ensemble des conduites en rapport avec les confrontations de rivalité entre individus.) et comme l’écrit Antoine Bouvresse sur son blog:

« Il n'existe donc pas UN chien régulateur, mais de nombreuses situations où nous pouvons utiliser les compétences propres de nos chiens. Alors peut-on parler de chiens "inhibiteurs", de chiens "incitateurs", de chiens "communicants"??...

Nous irions même plus loin en affirmant que tous les chiens, sans exception, devraient être des régulateurs s’ils se développaient dans des conditions adaptées. L’humain en général, et ces « éducateurs » fans de contrôle en particulier, les en empêchent malheureusement, sous couvert de « positivité» (positivitude ?) et plutôt que de s’interroger sur les raisons pour lesquelles leurs propres chiens sont incapables d’actions de régulation (il n’est pas question de dressage, ni de chiens capables de tout gérer tout le temps, ni de harceleurs, ni de “concierges”, ni de chiens exploités (ni ordre, ni tricks, ni objectif, ni pression)) ils préfèrent exclure, a priori, l’éventualité même de leur existence, parlant tantôt de « licornes », tantôt de « mythe » ou encore de « mode »… Quelle tristesse ! Cette position allant même jusqu’à affirmer qu’aucun chien ne peut être capable de faire face à tous les profils de chiens ce qui induit qu’il n’existe aucun chien maîtrisant l’ensemble des codes canins (?).

La bienveillance commence selon nous par l’acceptation de l’autre dans ces spécificités et ses différences, vouloir le modeler, le faire rentrer dans un moule standardisé c’est tout le contraire ! Merci Mon Chien préfère donc la bienveillance à tous les « certificats de positivité ».

 

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Sur le même sujet, à lire sur notre site : http://www.mercimonchien.com/merci-mon-blog/28-chien-regulateur-mythe-ou-realite.html

 

Auteur www.mercimonchien.com
Merci Mon Chien - Éducation Canine Bienveillante

(Partage et copie intégrale libre avec mention de la source)

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Réguler : analyser et intervenir si besoin pour maintenir l'équilibre dans un groupe ou un système en évitant l'apparition de comportements qui le mettraient en péril.

On lit et on entend beaucoup de choses

La véritable question lorsqu'on aborde ce sujet réside dans la définition même du rôle de ces chiens. Et là, selon les "écoles" les visions divergent : 

  • Chien spécifiquement dressé,
  • Chien vitrine connaissant plein de tours,
  • Chien suffisamment grand pour s'imposer par la force,
  • Chien qui "gère" tout et tout le temps,
  • Chien joueur pour désinhiber les timides,
  • "Pistolet" chargé que l'on déclenche sur ordre ;-),
  • ...

IMG 4300L'observation du développement des chiots peut, sur ce sujet, nous apporter beaucoup. Leur mère n'est-elle pas une véritable régulatrice. Ne fait-elle pas office de guide, de surveillante, de protectrice, de garante de la sécurité des plus faibles et de l'équilibre du groupe, de formatrice aux codes sociaux...

Cela semble évident s'agissant de la mère, si tant est, qu'elle soit équilibrée, qu'elle ait elle même pu se développer dans des conditions adaptées, sans injonction ou pression humaine, sans excitation permanente, dans un environnement riche et stimulant lui permettant d'assouvir ses besoins fondamentaux et en particulier ses besoins sociaux qui sont la clef vers l'apprentissage des codes de l'espèce.

Il ressort de ce parallèle avec la mère que le chien régulateur, sans même chercher à le définir pour l'instant, ne peut pas répondre à certaines des définitions précédemment évoquées. L'humain, semble t'il n'a pas de rôle actif dans le développement de ces capacités de régulation, son rôle se limitant (et c'est déjà énorme) à offrir au chien régulateur des conditions de développement en accord avec sa culture canine. Il est primordial lors du développement du chiot d'éviter les privations, les carences, l'altération de la phase d'arrêt, d'offrir la posibilité d'évoluer avec sa mère, sa fratrie, des adultes équilibrés et d'entretenir cet équilibre au delà de la période juvénile.

Mais alors c'est quoi un régulateur ?

Ne peut on pas imaginer, au sein de l'espèce canine (comme chez les humains), que des individus équilibrés endossent la lourde charge de faire respecter les règles sociales millénaires, prenant ainsi le relais des mères lorsque le besoin s'en fait sentir ? N'est-il pas envisageable que le chien, comme l'humain puisse agir pour des motivations autres que son propre intérêt (ou que son intérêt rejoigne celui du groupe) ? C'est ce que nous montre notre pratique, et nous sommes bien loin d'interprétations anthropomorphiques.

Éliminons ou nuançons donc certaines définitions qui faussent la perception que l'on peut avoir des chiens régulateurs :

  • Chien spécifiquement dressé ?

Certainement pas, le chien régulateur ne reçoit aucun dressage spécifique, c'est un chien chez qui on a surtout cherché à développer l'autonomie, qu'on a laissé s'exprimer, observer, interagir et qui ne doit pas ressentir la pression liée à une attente humaine. C'est un chien autonome, capable d'intervenir de différentes manières en relation avec le contexte, et en fonction du profil du (des) chien(s) en présence. Son intervention peut aller de l’avertissement à la "neutralisation" et s'adapte à l’âge et à la réaction du chien. Le  régulateur   doit  être  capable  d’utiliser   ses  aptitudes  naturelles  à bon escient sans s'acharner et retrouver son calme après chaque action.

  • Chien vitrine connaissant plein de tours ?

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Ces apprentissages ayant tendance à créer une forte dépendance du chien vis à vis de l'humain et pouvant générer la perte de certains comportements naturels au profit de réponses conditionnées voire stéréotypées ils sont incompatibles avec le développement des capacités d'adaptations, d'autonomie et de prise de décision nécessaire à la régulation.

  • Chien suffisamment grand pour s'imposer par la force ?

Un chien régulateur ne doit pas représenter un danger pour les chiens des clients, en aucun cas il ne s'agit d'un monstre de 60kg qui agresse, blesse ou tue le chien qui aurait adopté un comportement inadapté. C'est ce type de chiens, présentés comme régulateurs dans les clubs ou par des professionnels qui ternissent l’image des chiens régulateurs. La taille du chien régulateur peut représenter un atout dans les interactions avec certains profils de chiens mais un Jack Russel de 5 kg peut également s'avérer très efficace. Il s'agit pour l'éducateur de ne mettre aucun chien en danger, pas même le sien ! 

  • Chien qui "gère" tout et tout le temps ?

Ne pas confondre harceleur et régulateur. Le régulateur est capable de laisser se développer des interactions, du jeu entre chiens, de partir faire sa vie si la situation est apaisée. Il n'interviendra que s'il perçoit le risque que la situation dégénère. 

  • Chien joueur pour désinhiber les timides ?

Le régulateur adapte son comportement à la situation : clair avec les harceleurs, délicat avec les timides, joueur avec les inhibés, insistant avec les inexpressifs...

  • "Pistolet" chargé que l'on déclenche sur ordre ? ;-)

La caricature et les numéros de spectacle tape à l'oeil et marketing n'entrent pas dans la définition de la régulation. Un régulateur n'est pas un petit soldat aux ordres, c'est tout le contraire, c'est un chien indépendant qui devance les observations des humains par l'utilisation fine de ses capacités et que l'on laisse agir et aller au bout de ses initiatives.

Comment le définir alors ?

Un chien régulateur est donc un chien parfaitement socialisé, autonome, stable émotionnellement, qui possède un parfaite inhibition de la morsure, que l'on a laissé s'exprimer/observer et qui sait, de ce fait, prendre des initiatives. Ses interventions sont parfaitement dosées et ne doivent pas occasionner de blessures. Il est capable, grâce à l'expérience, d'adapter son mode d'intervention (au contact, à distance, par anticipation, posturale, par son déplacement, vocale...) en fonction des situations et des chiens. Il est à l'aise dans un groupe de chiens. Il possède de grandes capacités d'adaptation et est capable de se poser même dans des contextes nouveaux. 

Mais peut-être que ce qui définit également le chien régulateur c'est le fait qu'il vive avec un humain dont l'activité lui permet d'exprimer son potentiel et d'affiner ses interventions par la multiplications des expériences.

En résumé, le chien régulateur existe et c'est un chien équilibré qui vit avec un (des) éducateur(s) canin(s) qui n'exige(nt) rien de lui et accept(ent) sa supériorité dans le domaine de l'interprétation des comportements canins.

Auteur www.mercimonchien.com  
Merci Mon Chien - Éducation Canine Bienveillante

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dessinVotre nouveau compagnon arrive dans un environnement nouveau, entouré de personnes qu’il ne connaît pas. Il vient d’être séparé de sa mère, de ses frères et sœurs ou de congénères et d’humains qui lui étaient familiers. Ce changement est très déstabilisant, il est important de le laisser découvrir son environnement à son rythme. Cette période d’adaptation peut durer plusieurs jours, parfois plusieurs semaines. Il est primordial de construire une relation de confiance réciproque avec votre chien. Les premiers jours LAISSEZ LE TRANQUILLE, ne cherchez pas à faire de lui un chien parfait en deux jours, observez le, apprenez à comprendre ses réactions, laissez le venir à vous, ne lui imposez pas de contact, félicitez ses bonnes actions. En balade, préférez une longe à une laisse courte et choisissez des endroits calmes, votre unique objectif doit être d’instaurer une relation saine de plaisir partagé.

 

Auteur www.mercimonchien.com  

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imagesLa propreté est le résultat de la combinaison du développement physiologique (chez le chiot) et d’un apprentissage. Elle ne peut s’obtenir durablement que dans un climat de confiance et de patience.

Ne vous inquiétez pas si votre chiot n'est pas propre à 3 mois (!), cet apprentissage peut se prolonger parfois jusqu'à 6 ou 7 mois d'âge, il n’y a pas de règle (comme il n'y a pas de prédisposition génétique à la "propreté", cela ne dépend pas de la race ni du sexe, mais uniquement de l'individu, de son tempérament, de son milieu de vie et de développement, de son niveau d'anxiété, d'excitation, ...).

N'oubliez pas qu’un chiot ne peut se retenir en moyenne qu’une heure par mois d’âge (donc un chiot de 3 mois ne pourra pas se retenir plus de 3 heures) …

Respectez quelques règles simples :

Sortez votre chien aux bons moments dans un endroit calme et sans jouer avec lui :

  • Quelques minutes après son repas.
  • Dès son réveil (après chaque période de sommeil).
  • Après un moment d’agitation, d’excitation.

Félicitez-le systématiquement et chaleureusement dès qu’il a fait ses besoins à l’endroit souhaité. Ne le félicitez pas trop tôt pour ne pas risquer de le perturber et de le stopper en cours «d’élimination».

En cas de "malpropreté", nettoyer (sans javel) calmement et ne surtout pas :

  • Gronder le chiot/chien (risque de coprophagie).
  • Mettre le nez du chien/chiot dans ses excréments.
  • Punir le chiot/chien.

Auteur www.mercimonchien.com  

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canstockphoto13800697Alors que la science apporte un nouvel éclairage sur les jeux populaires de lancer, il est intéressant de constater que "rapporter" peut ne pas être aussi intéressant qu'on le pense pour certains chiens. Les chiens stressés en particulier peuvent prendre plus de temps à récupérer s’ils pratiquent cette activité. Cet article explique comment ce jeu affecte le corps d'un chien.

Rapporter peut activer les instincts de prédation (chasse) chez certains chiens. Cela devient évident quand on considère que beaucoup de chiens n'ont pas besoin d'apprendre à courir après une balle, mais seulement à la rapporter. Parfois, les chiens sont des chasseurs naturels et courent instinctivement après de petits objets en mouvement qui ressemblent à des proies. En effet, la concentration des cônes dans leurs yeux est telle qu'ils voient deux fois mieux des objets en mouvement à la périphérie de leur vision qu'ils ne voient des objets statiques juste en face d'eux.

Le projet Dog Pulse en Norvège étudie également ce phénomène en mesurant la fréquence cardiaque d'un chien et identifie les points où la réaction d'agression ou de fuite du chien est déclenchée lors du jeu de lancer. Lorsque cet instinct de chasse est déclenché, le chien reçoit une poussée d'adrénaline. Tout comme nous le ferions, si nous faisions quelque chose d'extrême comme le saut à l'élastique. Après une exposition répétée à l'adrénaline, une autre hormone est libérée dans le corps, le cortisol. Le cortisol étant un type de stéroïde.

Ces hormones sont bonnes à faibles doses, en cas d'urgence. Elles sont très efficientes et fournissent beaucoup de puissance au corps et aux muscles. Le corps devient plus rapide, plus fort et plus dur. Mais quelque chose de si puissant ne peut pas être évacué aussi vite qu'il est reçu.

Dans certains cas, l'adrénaline est restée en circulation pendant 7 jours et le cortisol est resté en circulation jusqu'à 40 jours. Quand un animal chasse dans la nature, après cette montée d'adrénaline, il s'assied pour manger son repas et laisse les hormones s'estomper. Mais quand on lance la balle, on lance de nombreuses fois à chaque session. Imaginez le saut à l'élastique à plusieurs reprises. Imaginez prendre autant de doses de stéroïdes, tous les jours. Il est important de considérer la quantité d'hormones résiduelle qui traverse le corps d'un chien et combien de temps il faudrait pour que toutes ces hormones quittent son corps. La physiologie de chaque chien étant différente, les effets seront perceptibles chez certains et pas chez d'autres.

C'est une croyance communément admise que les chiens doivent jouer pour rester en bonne santé. Dans le cadre de ma formation, j'ai étudié les chiens des rues et combien ils se déplacent. Alors que mes résultats sont encore en attente de publication, je peux dire avec certitude qu'ils ne courent pas beaucoup. Peut-être qu'ils ont juste besoin de conserver leur énergie. Cependant, ils explorent beaucoup plus, utilisent tous leurs sens et prennent au moins 16 heures de sommeil par jour.

Si un chien est en surpoids malgré environ 45 minutes d'exercice par jour, il peut être utile de vérifier son alimentation et son état de santé général, et d'envisager une visite chez le vétérinaire.

Parfois, les clients soulignent le fait que leur chien leur apporte la balle en leur demandant de jouer. C'est vrai. La dépendance à l'adrénaline est une dépendance aussi réelle que les autres. Je peux vouloir ma prochaine cigarette, ça ne la rend pas bonne pour moi. Tous les chiens ne sont pas "accro" pour autant. Certains chiens aiment vraiment le jeu. [...].

Pour le chien qui ne semble pas être attiré par les jeux de lancer cependant, envisager des jeux alternatifs comprennent des activités d'olfaction (flair, exploration, dispersion des croquettes - Note de Merci Mon Chien) comme la recherche de nourriture et des activités mentales. Souvent -mais pas toujours-  ces activités peuvent être plus apaisants pour un chien et peuvent donner de bon résultat en terme de diminution du stress. Certains chiens préfèrent l'attention de leurs propriétaires au fait de courir à plusieurs reprises après une balle. Quand il vous apporte la balle, peut-être qu'il espère juste un peu d'attention et que c'est bien de lui donner ça si c'est ce qu'il veut. Parlez-lui. Peut-être lui raconter une histoire. Dog Pulse a découvert que tout comme les lancer augmente la fréquence cardiaque, les jeux de recherche peuvent faire baisser le rythme cardiaque. En outre, les promenades lentes construisent des muscles de base, et renifler lors des promenades exerce l'esprit d'un chien, aidant à le calmer et le fatiguer. Nourriture de l’esprit en quelque sorte.

SOURCE : https://ppgworldservices.com/2015/09/25/is-fetching-really-all-that-fetching-for-dogs/

Traduction : Merci Mon Chien

References : 

Dog Pulse. (n.d.). Retrieved from Dog Pulse Org.

Horowitz, A. (2010). Inside of a Dog. In A. Horowitz, Inside of a Dog. New York: Simon & Schuster.

Sapolsky, R. M. (2004). Why Zebras Don’t Get Ulcers. In R. M. Sapolsky, Why Zebras Don’t Get Ulcers. New York: Henry Hold & Co.

First published in Bangalore Mirror, June 8, 2015, Times Group

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Au fil de nos lectures et rencontres nous avons constaté que souvent les termes “éthologie” ou “éthologique” est utilisé par des éducateurs, des comportementalistes, des vétérinaires. On lit parfois que les clients reçoivent des conseils sur “l’éthologie du chien”. Et ces conseils portent souvent sur la notion de meute, de hiérarchie...
 
“Pour être en accord avec sa culture, l’homme parle d’éthologie canine mais ne pratique que du conditionnement à l'égard du chien. Pour laisser place aux fantasmes ainsi qu'au pouvoir de son propre monde, il exclut totalement le Sens du monde du chien.” André Escafre
... Mais l’éthologie c’est quoi ?
Partons d’une simple définition :
Le mot «éthologie» est issu des deux mots grecs « ethos » qui signifie « mœurs » et «logos», qui signifie «science». L’éthologie est donc étymologiquement la «science des mœurs». L’éthologie s'intéresse aux comportements des animaux, y compris ceux de l'homme, dans des conditions de vie données mais variables (milieu naturel, conditions domestiques, en captivité, lors de tests, etc). Elle porte sur les comportements en eux mêmes, ainsi que sur ses causes et ses fonctions. L'éthologie s'organise autour de 4 grandes questions, définies par Tinbergen en 1963 :
1 - Quelles sont les causes (immédiates) du comportement?
2 - Quelle est sa valeur de survie ?
3 - Comment s'est-il mis en place au cours de la vie de l'individu ?
4 - Comment s'est-il mis en place au cours de l'évolution de l'espèce?
 
 
L’éthologie est donc une science qui s’attache à observer les comportements des animaux, en aucun cas il ne s’agit de la description des comportements (vous saisissez la nuance ?). On ne peut donc pas parler “d’éthologie du chien” pour décrire, par exemple, le fonctionnement social du chien (en parlera éventuellement d’éthogramme : “Un éthogramme est une liste exhaustive des différents comportements émis par une espèce ou un individu. Il inclut également la description précise, formelle (physique) ou fonctionnelle, de chacun de ces comportements.” ) , ni de méthode éthologique. On peut tout au plus s’appuyer sur les résultats des travaux des éthologues pour mettre en oeuvre des méthodes ou techniques d’apprentissage, de rééducation ou simplement pour comprendre un comportement dans un contexte particulier. Car l’autre particularité des observations éthologiques est qu’elles sont toujours contextualisées.
 
Et le chien dans tout ça ?
Que nous dit l’éthologie sur les comportements sociaux des chiens (source de tant d’interprétations erronées)
Au départ (faux départ) des études (mal) menées sur des loups en captivité qui font émerger une “hiérarchie” inexistante à l’état sauvage du fait de l’organisation des distribution de nourriture, de la captivité et du regroupement d’individus issus d’origines différentes. Pensez-vous que les comportements observables en prison permettent d’expliquer tous les comportements humains ? On en revient ici à la nécessité de contextualiser les observations. Les meutes sauvages sont en fait des structures familiales plutôt paisibles et coopératives.
Le grand écart : De ces observations sur les loups (déjà biaisées) certains ont tiré des conclusions et développé des théories sur le comportement canin et notamment sur le fonctionnement social du chien. Les éthologues ne peuvent évidement pas valider une méthodologie aussi absurde que celle qui consiste à observer une espèce (le loup) pour tirer des conclusions sur une autre (le chien) même si il existe une parenté entre ces deux espèces. Il serait tout aussi incohérent d’observer des comportements des bonobos pour expliquer les comportements humains.
Le grand saut : Certains cynophiles ont alors réalisé l’impossible (et ils continuent, encore aujourd’hui, à diffuser leurs idées), à savoir prétendre qu’un supposé fonctionnement hiérarchique canin (s’appuyant sur d’anciennes observations de loups en captivité, je vous le rappelle) serait transposable à la relation que les chiens entretiennent avec les humains... Alors que le seul moyen de décrire et de caractériser ces interactions inter-spécifiques (entre deux espèces différentes) réside dans l’observation contextuelle de ces mêmes interactions et non à chercher à justifier des pré-supposés par des observations orientées et non contextualisées. Il est évident pour tout le monde que les chiens ne développent pas avec les chèvres des comportements sociaux comme il le font avec leurs congénères... pourquoi en serait il autrement vis à vis des humains ?

alerte dominance
 
Et que disent les éthologues ?
  • Sur les loups (en anglais) : https://youtu.be/tNtFgdwTsbU
  • La hiérarchie, selon Dominique Guillo, est le résultat mouvant et incessamment éprouvé de multiples face à face, d’ interactions permanentes entre individus.” La hiérarchie est un ensemble de règles permettant à des individus de vivre ensemble dans un espace partagé. Chez le chien, cette hiérarchie est fluctuante en fonction des situations vécues et des individus rencontrés, elle n’a pas un caractère permanent. C’est pourquoi, il est erroné de qualifier un chien de dominant parce qu’il hérisse le poil, qu’il montre les crocs à un de ses congénères, ou parce qu’il n’obéit pas à son maître!”
  • La famille humaine ne constitue pas une meute. Nous avons tendance à décrire les comportements sociaux du chien et son organisation sociale, comme ceux du loup. Or, il s’agit bien de 2 espèces distinctes, vivant dans des environnements très différents et subissant des pressions de sélection différentes. Rares sont les études décrivant l’organisation sociale chez le chien domestique vivant près de l’homme (chien de compagnie, d’utilité ou en collectivité canine).”
  • “Expliquer la vie du chien dans nos familles par une relation de dominance-subordination, ne semble pas adapté à la réalité. Cette « théorie » n’est pas pertinente pour expliquer les comportements agressifs des chiens de compagnie. Un chien grognant envers un humain sur sa gamelle ou pour descendre du canapé n’est pas un chien qui est « mal hiérarchisé », mais plutôt le résultat d’un apprentissage.”
L’éthologie ne doit donc pas servir de faire-valoir mais permettre le développement de savoir-faire. Pour parler d’éthologie, encore faut-il lire les résultats des observations que nous délivre cette science, sans quoi nous continuerons à voir se perpétuer des conceptions rétrogrades et erronées.
 

Auteur www.mercimonchien.com  

(Partage et copie intégrale libre avec mention de la source)

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Vous voulez savoir pourquoi les races brachycéphales souffrent pour leur apparence? Il suffit de comparer ces radios !

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  1. La différence dans la longueur du nez est incroyable, surtout quand vous vous rendez compte qu'il y a la même quantité de tissus internes dans les deux. Pour le bouledogue ils sont comprimés dans un minuscule espace, ce qui rend difficile le passage de l’air et donc la respiration du chien.
  2. Il y a la même quantité de peau sur les visages des deux chiens, mais en ci qui concerne le bouledogue elle est froissée, plissée, ce qui expose ce chien à des infections cutanées douloureuses entre les plis.
  3. Regardez à quel point la mâchoire supérieure du bouledogue est déformée, de ce fait le bouledogue éprouvera des difficultés à s’alimenter correctement sera susceptible de développer des maladies dentaires douloureuses du fait d’une “surpopulation” dentaire.
  4. Sur une radiographie, l'air apparaît en noir et les tissus en blanc. Comparer la différence dans la quantité d'espace aérien en haut de la trachée. Les chiens brachycéphales sont sévèrement restreints dans ce domaine, c'est pourquoi ils se fatiguent si vite et ronflent autant.
  5. La bande noire qui coule dans le cou de chaque chien est la trachée. Regardez comme elle est étroite pour le Bouledogue par rapport au Labrador. La difficulté majeure se manifeste lorsque l'air a finalement passé tous les obstacles dans le nez du chien à nez écrasé, le faible diamètre de la trachée implique qu'il ne peut pas atteindre les poumons, et fournir l'oxygène vital aussi efficacement que pour un chien de race plus «normale» https://www.youtube.com/watch?time_...

Les chiens avec des voies respiratoires supérieures normales respirent silencieusement. Les bruits respiratoires tels que le ronflement et le grognement sont des indicateurs d'obstruction des voies aériennes. Les chiens atteints de BOAS (brachycephalic obstructive airway syndrome - Syndrome brachycéphalique d’obstruction des voies respiratoires) peuvent présenter différents types de bruit en fonction de l'emplacement de l'obstruction: le pharynx, le larynx et / ou la cavité nasale. Certains chiens atteints de BOAS peuvent avoir seulement des bruits respiratoires lorsqu'ils sont excités, lorsqu’ils jouent, font de l'exercice, mangent / boivent ou sous l’effet du stress. Un examen vétérinaire approfondi est recommandé si le bruit respiratoire est marqué.

 
Traduction : Merci Mon Chien

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La méthode que Merci Mon Chien emploie et se propose de transmettre, se caractérise notamment par un vocabulaire et une intonation qui n'ont rien à voir avec ce qui est préconisé d'une manière générale dans l'éducation canine.
Pour bon nombre de personnes il est difficile d'accepter de parler ainsi à son chien, difficile de tolérer les regards extérieurs… Surtout quand la coutume veut que nous parlions à nos chiens de manière brève, sèche et sur le ton de l'impératif bien souvent.

Le p'tit nom 
Ici chaque invitation est précédée du p'tit nom d'amour de notre chien. Cela nous permet d'interpeller le chien pour lui signifier que nous allons lui demander quelque chose.
Exp: « Mon Tiloulou? Tu restes avec moi? »
Nous veillons à utiliser le nom du chien le plus rarement possible. De façon à ce qu'il agisse comme un « super signal ». Car souvent, en étant trop utilisé, il n'a plus d'impact sur le chien...
Dans les situations d'apprentissages, même si le chien ne répond pas tout de suite à notre demande, il faut garder l'habitude d'employer ce p'tit nom 2/3 fois avant d'utiliser le nom du chien. Ainsi petit à petit, à mesure des micro-progrès du couple maitre-chien, la coopération se fera plus rapidement sans avoir à utiliser le nom.
Nous le gardons donc pour des situations critiques où le chien fixe, n'écoute pas/plus son maitre, quand la situation est dangereuse.

L'intonation 
L'intonation chantante d'une voix gorgée de soleil a une grande importance. Elle nous permet de rester dans l'invitation sans tomber dans l'autoritarisme.
Ainsi, dès que nous percevons que le chien est interpellé par ce que nous lui demandons, nous commençons à le féliciter.
La félicitation, dès l'amorce de l'intérêt du chien jusqu'à la finalité de l'action, permet de garder le contact avec lui, de ne pas couper la communication, de l'encourager dans son effort/son écoute...
Exp: « C'est bieeen tu restes... C'est bieeen tu restes... C'est bieeen tu restes...etc...»
Selon le degré d'écoute, la complicité auxquels sont arrivés le chien et son maitre, il faudra: féliciter tout au long de l'action, de temps à autre ou juste une fois quand l'action est amorcée.
Il est aussi bon de savoir s'adapter au chien du point de vue de l'intonation. En effet certains chiens monteront vite en excitation face à une voix trop joyeuse, il faudra donc trouver une tonalité plus neutre sans être ferme.

Le choix des mots 
Le lexique qui suit est le fruit d'un travail sérieux, une recherche de tournures de phrases ayant une musique adaptée. Nous sommes donc exigeants quant à l'utilisation des bons mots pour formuler les invitations à nos chiens.

Voici donc un glossaire des invitations que nous utilisons avec nos chiens.

  • Pour le rappel
    Tu viens me voir ? ==> C'est bieeen viens me voir ! 
    Attention à ne plus dire le "tu" dans la félicitation.
  • Pour lui demander de revenir vers nous, sans imposer un rappel
    Demi-tour? ==> C'est bieeen demi-tour
  • Pour lui demander d'attendre
    Tu attends ? ==> C'est bieeen tu attends
    Tu attends, je reviens? ==> C'est bieeen tu attends
    La différence entre les deux est qu'avec le « tu attends, je reviens? » le chien va apprendre à attendre notre retour là où nous l'avons laissé.
    Alors qu'avec un « tu attends? » nous pouvons demander et stopper l'action d'attente à distance.
  • Pour lui demander de rester à nos côtés
    une sorte de « au pied! »... sans que le chien ait l’obligation de garder sa tête collée à notre jambe. Là le chien se doit juste de rester dans le périmètre défini par son maitre.
    Tu restes avec moi ? ==> C'est bieeen tu restes
    Cette félicitation peut être accompagnée d'une douce caresse sur le plat de la joue du chien quand il est assez proche.
  • Pour lui demander de rester sur le bord du chemin, sur le trottoir
    Tu vas au bord? ==> C'est bieeen au bord
  • Pour lui demander de laisser des « êtres vivants »
    chien derrière son grillage, animaux dans les prés, chien croisé en balade...
    Tu le laisses ? ==> C'est bieeen tu le laisses
  • Pour lui demander de laisser diverses choses
    de la nourriture, des victuailles douteuses trouvées en balade...
    Tu laisses ? ==> C'est bieeen tu laisses
    Ici nous n'utilisons pas le « le ». Même si dans les premiers temps de l'apprentissage il est bon de l'ajouter car il aide à garder une mélodie plus douce dans la phrase... l'agacement étant hélas trop vite présent au début.
  • Pour lui demander de laisser des personnes croisées en balade
    nous n'utilisons pas le « tu laisses? » car cette invitation donne des frissons aux personnes croisées! Mais plutôt...
    Tu laisses passer? ==> C'est bieeen tu laisses passer
  • Pour lui apprendre à donner ce qu'il a en gueule
    il existe un travail qui s'appuie sur le troc.
    Tu donnes ? ==> C'est bieeen (tu) donnes
    Tu prends? ==> C'est bieeen (tu) prends.
  • D'autres demandes qui coulent de sens...
    Tu montes ? ==> C'est bieeen (tu) montes
    Tu descends ? ==> C'est bieeen (tu)descends
    Tu rentres ? ==> C'est bieeen (tu)rentres
    Tu sors? ==> C'est bieeen (tu)sors
    Tu te pousses? ==> C'est bieeen tu te pousses
    Tu avances ? ==> C'est bieeen (tu) avances
  • C'est fini !
    Très très importants ces deux petits mots. Grâce à eux le chien comprend que l'action est achevée, qu'il peut vaquer à ses occupations comme bon lui semble.
    En prononçant ces deux mots nous coupons la communication avec notre chien. Il faut veiller à ne plus le regarder, sinon cela reviendrait à lui mentir, notre regard agissant comme une recherche d'interaction avec lui.

 

Nous utilisons aussi le « c'est fini » pour stopper les aboiements du chien. Quand il aboie pour nous signaler la présence de quelqu'un nous le félicitons puis lui indiquons que nous prenons le relai ==> « C'est bieeen! C'est fini! »

A bannir... 
« Allez! » ==> Il n'est en rien utile, il traduit juste l'état d'esprit de la personne: son impatience, sa nervosité, la peur de l'échec.
« Doucement! »==> Par acquis de bonne conscience le maitre ajoute ce mot pour canaliser son chien. Il pense qu'ainsi son chien va ralentir, agir en douceur. Ce qui bien souvent produit l'effet inverse, ce mot mettant en alerte le chien!

Le silence, l'ignorance... 
Comment ça le silence? Mais ce n'est pas un mot!!!
Et pourtant en nous taisant nous aidons le chien à être plus vigilant à nos demandes. 
A force de lui parler pour ne rien dire, à force de le rappeler à l'ordre pour un oui et pour un non, à force de le suivre du regard, à force de la papouiller nous le « soûlons »...
Et un chien sans cesse sollicité ne peut être serein, pleinement disponible pour les apprentissages. Bien au contraire, il construit une barrière pour se préserver, il fait la sourde oreille...

Source http://forum.a-l-ecoute-du-chien.org/viewtopic.php?f=11&t=375&start=50 écrit par Calou (Merci !)

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eduquer

Dans le monde du dressage du chien, peu de sujets sont aussi controversés que le débat sur les colliers à choc électrique (e-colliers, colliers électroniques, collier de dressage ...). Les défenseurs de leur utilisation affirment que ces dispositifs ne font pas mal, mais que la plupart émettent une simple vibration désagréable. Qu'ils sont souvent le dernier recours pour les chiens avec des comportements difficiles à contrôler, comme le rappel ou les problèmes de chasse. Les opposants à leur utilisation sont convaincus qu'ils peuvent être nocifs pour les chiens et ne devraient pas être en vente libre. Qu'ils conduisent à des abus et n'offrent pas de meilleurs résultats que les méthodes basées sur le renforcement positif . Préoccupée par les conséquences sur le bien-être des chiens, de nombreux pays ont déjà interdit ces appareils. Avec la sortie de deux vastes études du ministère de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales (DEFRA) du Royaume-Uni, ils pourraient bientôt être interdits dans toute l'Angleterre et l'Ecosse.

Avec près de 500.000 propriétaires de chiens en Grande-Bretagne utilisant les colliers électroniques et le Kennel Club faisant campagne pour leur interdiction dans tout le pays, le DEFRA a alloué près de 538 925 £ (821 968 $ US) pour étudier leur impact sur le bien-être du chien ainsi que leur efficacité en matière d'éducation. Avec un tel budget impressionnant, ils étaient déterminés à obtenir des réponses objectives à ce débat.

Il ya près de 170 modèles différents de colliers électriques avec des fonctions différentes contrôlées par une télécommande. Certains colliers disposent d'une tonalité ou une vibration destinés à avertir le chien du choc imminent ou qui peuvent être utilisés indépendamment de la fonction de choc électrique. Certains colliers délivrent un choc électrique court qui dure entre 4 ms et 500 ms alors que d'autres donnent aussi une stimulation continue qui peut durer aussi longtemps que le bouton de la télécommande est pressée. Il existe des différences considérables entre les colliers de choc livrés, de 110V (à 5 kW), à 6000V (à 500kW) et l'effet sur les chiens va dépendre de la résistance électrique de la peau. [Note du traducteur : une bonne raison de ne pas croire les éducateurs renommés qui osent dire devant les caméras de télévision que les décharges sont de petites secouses de 6V ! http://www.youtube.com/watch?v=zIe9APBh71I]


La première étude réalisée par l'Université de Bristol (Central Science Laboratory) et l'Université de Lincoln portait sur l'évaluation de l'impact physique et émotionnel de ces colliers sur les chiens ( AW1402 ). Comment les chiens vivent ces impulsions électriques dépendra bien sûr de l'intensité du stimulus, mais aussi de la sensibilité individuelle des chiens.

35 chiens ont été testés sous la supervision d'un vétérinaire afin de déterminer s'ils éprouvaient de la peur, de douleur ou de la détresse lors du choc. Les chercheurs étaient attentifs à tous comportements tels que: arrêt du jeu , attention redirigée, mouvements de la tête, des yeux des oreilles et les vocalisations. Tous les chiens étaient âgés de plus de 6 mois, socialisés et joueurs sans tempérament nerveux, peureux ou agressif. Aucun d'entre eux n'avaient déjà été exposés à des colliers électroniques.

Le comportement et l'apprentissage au cours de la formation a été mesuré entre chiens portant des colliers de choc et des chiens sans eux. En général, les propriétaires ont signalé plus de succès avec la formation basée sur le renforcement positif mais la recherche n'a pas pu déterminer s'il s'agissait d'une différence due à la perception ou un fait réel puisque la plupart des propriétaires utilisateurs de collier à chocs électriques classaient les problèmes comportementaux de leur chien comme graves. Les résultats suggèrent une augmentation de l'attention du chien pour le maître lorsqu'il est équipé d'un collier à chocs, mais le résultat global de l'éducation était meilleur par une approche basée sur la récompense, y compris pour les problèmes de rappel et de chasse ( Blackwell et al. 2012 ).

Lors de la mesure des niveaux de cortisol salivaire (liée au stress) des chiens avec ou sans colliers électriques, les chercheurs ont constaté une augmentation significative des niveaux de cortisol chez les chiens exposés à des colliers à choc, quand ils sont équipés d'un collier pour la deuxième fois. Cela indique que l'anticipation de la stimulation augmente immédiatement le niveau de stress des chiens. Les changements de comportement ont également indiqué que les chiens étaient plus stressés et tendus que les chiens formés à l'aide de renforcement positif.Les chiens dressés avec des colliers à choc ont également passé plus de temps à 5 mètres ou plus de leur propriétaire et sont plus distraits durant les entrainements avec le chercheur.

L'étude a également examiné les informations contenues dans le manuel fourni avec l'achat de ces colliers. Chacun d'entre eux expliquent comment adapter le niveau de stimulation pour le chien et décrivent les comportements attendus quand le chien remarque la stimulation. Seulement trois toutefois indiquent la que le niveau de stimulation est trop élevé si le chien vocalise. Chacun d'entre eux mettent également en garde sur l'irritation de la peau potentiel et une nécrose de pression si il est mal installé. Quelques-uns aussi déconseillent l'utilisation du collier sur les chiens agressifs et suggèrent l'aide d'un entraîneur professionnel (la punition sévère peut augmenter l'agressivité chez les chiens).

Les manuels fournissent des informations sur l'utilisation des colliers de choc pour la formation d'obéissance de base, mais également sur le traitement des problèmes de comportement. Beaucoup proposent l'utilisation de stratégies alternatives en premier lieu. Pour évaluer le bon niveau de stimulation, certains suggèrent de surveiller les changements de comportement tels que la redirection d'attention, tandis que d'autres proposent de regarder les signes extérieurs de malaise et de confusion. Plus inquiétante est l'absence d'explication quant au moment d'utiliser une stimulation courte plutôt que continue ou comment utiliser le son ou les modes de vibration. Beaucoup soulignent également l'application et l'utilisation du renforcement négatif, ce qui peut conduire à une stimulation électrique prolongée jusqu'à ce que le chien effectue le comportement désiré. Dans l'ensemble, la plupart des colliers ne semblent pas avoir suffisamment d'informations pour les utilisateurs de base.

 

Les enquêtes auprès des utilisateurs ont également montré que 36% des chiens emettent des vocalises lors de la première utilisation des colliers et que les niveaux de stimulation appliqués ne sont pas nécessairement ceux préconisés par le manuel. Encore plus inquiétant, c'est que 26% des chiens continuaient à vocaliser encore lors l'utilisations ultérieures, ce qui indique que les niveaux ont été maintenus supérieur à celui recommandé. Certains propriétaires ont même indiqué avoir commencé au plus haut niveau puis avoir ajusté à la baisse ou tout simplement gardé l'aide du collier au plus haut niveau. Beaucoup n'ont tout simplement pas lu le manuel ou n'a pas suivi les directives. La disponibilité de ces appareils à des propriétaires lambda, sans obligation de travailler avec un entraîneur professionnel, conduit clairement à un mauvais timing et à une utilisation abusive qui peut avoir des effets perturbateurs sur le bien-être du chien.

Les defenseurs de l'utilisation de colliers de choc ont souvent fait valoir que la plupart des études ne proposent pas de données objectives, fondées sur l'utilisation appropriée de ces dispositifs. Comme l'a confirmé l'étude ci-dessus, les propriétaires n'utilisent pas toujours des colliers de choc de la manière suggérée par les fabricants.Dans une seconde étude réalisée par l'Université de Lincoln mais aussi impliquant ECMA (électronique Collar Manufacturers Association), destiné à mesurer les effets à long terme de l'utilisation de colliers de choc à l'entraînement et à ses conséquences sociales potentielles, trois groupes de chiens ont été comparés tandis que les colliers de choc ont été utilisés par formateurs expérimentés et tel que spécifié par les fabricants: Groupe A chiens ont été formés avec des colliers de choc, par des formateurs expérimentés dans leur utilisation, les chiens du groupe B ont été équipés de colliers factices et formés par des professionnels expérimentés dans l'utilisation de colliers de choc et les chiens du groupe C ont été formés par des formateurs APDT par le renforcement positif et aucun collier de choc ( AW1402a ).

En général, les chiens du groupe C ont passé plus de temps à explorer leur environnement étaient moins tendus et bâillait moins que les chiens dans les deux autres groupes. Les chiens des groupes A et B portaient leur queue basse plus souvent, glapissaient plus souvent, haletaient et restaient plus éloignés de l'entraîneur que ceux du groupe C.

Cette étude a également montré que l'approche générale du formateur, ainsi que les outils qu'ils utilisent, influent sur la réaction émotionnelle du chien à la formation. Lorsque les chiens sont formés par des méthodes plus traditionnelles, ils montrent plus de signes de stress, d'anxiété et d'aversion que s'ils sont formés par des techniques de renforcement positif. Même lorsqu'il est utilisé par des formateurs professionnels et expérimentés, les chercheurs concluent que l'utilisation de colliers de choc a eu des conséquences négatives sur certains chiens pendant la formation.

Enfin, cette étude a également souligné le fait que l'utilisation de colliers de choc avec des friandises n'a pas fait une différence dans l'efficacité de la formation sur l'utilisation des friandises seules. Cela était vrai même pour les protocoles de rééducation des problèmes de chasse, ce qui est une des raisons les plus communes pour l'utilisation de ces appareils.

tshirtUtiliser des colliers de choc sur les chiens peut être efficace dans la formation ou le traitement de certains comportements problématiques. Mais si leur efficacité n'est pas meilleure que la formation basée sur la récompense seule et présente des risques physiques et émotionnels pour certains chiens, leur utilisation devient tout à fait discutable. Les résultats de ces études indiquent, qu'à tout le moins, de tels dispositifs ont effectivement une incidence sur le bien-être des chiens et ne devraient pas être disponible pour le grand public. Leur facilité d'utilisation et l'efficacité immédiate comparées aux protocoles basés sur la récompense, plus consommateurs de temps, les rendent très attrayant pour l'utilisateur. Malheureusement, ils peuvent forcer le chien à se comporter d'une certaine façon, mais ils ne traitent pas la cause sous-jacente du problème. La peur de la décharge et le mal-être peut également potentiellement causer d'autres problèmes de comportement. D'autres méthodes sont tout aussi efficaces, sans augmenter les risques de voir apparaitre des comportements génants, elle s'appuient sur la collaboration volontaire du chien, sur l'amélioration de la relation entre les humains et leurs chiens. Pour toutes ces raisons, de nombreuses organisations de protection des animaux, y compris le Kennel Club sont en train de faire pression pour l'interdiction des colliers de choc au Royaume-Uni.


Jennifer Cattet Ph.D.
Traduction : Merci Mon Chien
Article original : http://blog.smartanimaltraining.com/2013/07/31/new-findings-on-shock-collars-why-the-uk-wants-to-ban-them/